La multiplication des pains

Au cas où on ne vous aurait encore rien dit, Noël arrive.

Et avec lui la préparation du repas de réveillon.  Painrisien sur son excellent blog nous régale d’avance des mariages qui vont avoir lieu chez vous, à votre table même.

L’union sacré du pain et des mets. Voilà ce qui vous attends. Pour vous va commencer, si vous y vous prenez assez tôt, la difficile tâche de marier le bon pain avec le bon plat.

Que devrez vous choisir? Entre le pain aux 13 épices, celui aux 12 céréales (pas sur que mère nature soit ravie d’apprendre qu’on lui a fait des enfants dans le dos; je crois qu’il n’existe que six céréales), le pain de perlinpain pain…

Bref, avec l’arrivée des fêtes de fin d’année, nous allons assister à une surenchère de « créativité ». C’est à qui créera le pain ultime, atteindre son Graal, à l’instar de Christophe Vasseur, voilà le but de bien des boulangers. Je crains malheureusement qu’on assiste surtout à une grande foire du mélange. Et je te met une pincée de ceci et je te rajoute une pincée de cela. Des algues japonaises? Bonne idées les sushis sont super tendance en ce moment.

Sans compter le prix de revient de certains des ingrédients ajoutés qui font grimper vertigineusement le prix de vente du produit fini.

Et je ne parle que du « fond ». Attendez-vous à être surpris quant à la forme. Je me suis laissé dire que certains pâtissiers faisaient appel à des designers pour concevoir leurs bûches de Noël. Aux vues des résultats de certains, ou bien leur agence de com’ leur a pompé tout leur budget et le designer à fait avec ce qui restait, ou bien, il a confondu la bûche avec le dernier concept car de chez Renault (modèle 1975).

Assez de cynisme.

Le pain est avant tout un aliment simple et il doit le rester.

Réussir un accord un accord parfait entre un pain et des ingrédients aromatiques est, par contre, plus difficile qu’il n’y parait. Oublions un instant les fêtes et leur cortège de produits plus extra-ordinaires les uns et que les autres et revenons à la simplicité.

Une baguette sur levure bien menée saura révéler tout autant d’arômes qu’une baguette sur levain. Certes, ils seront différents mais ils sauront contenter les uns et les autres.
J’aime bien me dire que le pain doit savoir se faire oublier. Il n’est là que pour « accompagner » les mets avec lesquels on le sert. Il ne doit pas être le centre d’intérêt du de la table. Par contre, faite le disparaître et vous saurez si votre choix de pain est réussi ( et pour nous, si nous avons su bien vous conseiller) si vos convives découvrent que tout à coup il manque quelque chose. La simplicité du pain tient à cette place si anodine qu’on doit lui accorder et pourtant qui revêt une importance si grande une fois qu’il a disparu de la table.

Conclusion, pour Noël, visez la simplicité. Si le pain qu’on vous propose comporte plus de trois ingrédients aromatiques, oubliez-le.

Faites vous plaisir. Prenez un pain qui vous ressemble.

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A propos talemelier

Artisan boulanger amoureux de son métier
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2 commentaires pour La multiplication des pains

  1. Delplanque dit :

    j’applaudie à pleine main car c’est exactement ce que je pense et l’idée d’un pain sur thème des 13 desserts ou les mélanges curieux de Gontran cherrier je pense dire NEXT … ce n’est que de la com’ et sa se sent . Je suis scandalisé qu’un guide prestigieux est consacré Dominique SAIBRON meilleurs boulanger de paris ?? il se base sur quoi ? ils ont fait combien de boulangerie ? ils ont interroger combien de client ??? Vive la simplicité bien faite car avant de creer et de se donner un genre il ferait mieux de bien réalisé leur produit de base . Si déjà tout le monde savait faire une bonne tradition sa bousculerai les choses .

    Quand on voit que les tradi sur paris peuvent atteindre 1€40 la pièce c’est incroyable ?? Elle est si bonne que sa pour se vendre à ce prix là ??

  2. j’adhère à 2000% pour la simplicité et l’humilité !
    un pain doit avoir le goût de la céréale, … du blé, ou du seigle, ou de l’épeautre, et pas de l’acidité d’un levain, ou des 150 ingrédients. Un pain doit goûter le ferment. La lente fermentation, la patience, la passion !
    et c’est ainsi qu’ils sentent au Farinoman !!

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